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« Le laps de temps et les événements malheureux ont enveloppé son origine d’un nuage impénétrable », écrit-on en 1781. Quelques années plus tard, on affirme encore qu’elle « se perd dans la nuit des temps ».
La Confrérie des Vignerons de Vevey naît ainsi dans un flou presque légendaire. Lorsque les premiers documents écrits apparaissent, au milieu du 17ᵉ siècle, elle existe déjà depuis longtemps. Ainsi, le Manual de 1647, livre des procès-verbaux, ne marque pas un commencement, mais affirme la continuité d’une tradition bien établie.
D’autres indices viennent renforcer cette impression d’ancienneté : une coupe de buis datée de 1618, la présence de saint Urbain comme protecteur, ou encore la devise Ora et Labora. Tout semble indiquer que ses racines plongent dans le Moyen Âge.
Derrière le mystère de ses origines, la mission de la Confrérie est restée remarquablement constante.
Depuis des siècles, elle œuvre pour les propriétaires de vignes. Elle observe, évalue et valorise le travail de la vigne. Chaque année, ses expertes et experts parcourent les coteaux entre Pully et Lavey-les-Bains. Ils y apprécient, avec exigence, le soin apporté aux parchets et le savoir-faire des vigneronnes et des vignerons-tâcherons.
Ce regard patient et affuté, répété saison après saison, trouve son aboutissement tous les trois ans lors de la Triennale, cérémonie au cours de laquelle les meilleurs sont distingués. Et, une fois par génération, cette reconnaissance prend une dimension exceptionnelle : elle devient la Fête des Vignerons.
La Confrérie n’est ni une corporation de métier, ni une simple association. À l’origine, elle réunit des propriétaires de vignes (bourgeois, autorités, collectivités…) qui confient leurs terres à des vignerons.
Elle ne défend pas des intérêts professionnels, mais une exigence : celle du travail bien fait. Elle incarne un lien singulier entre la terre, ceux qui la possèdent et ceux qui la cultivent.
Autrefois, les membres – que l’on appelait « frères » ou « moines » – se réunissaient en assemblée avant de traverser la ville en cortège. Ces parades, mêlant solennité et convivialité, étaient suivies de banquets.
Au 18ᵉ siècle, l’esprit évolue : il ne s’agit plus seulement de juger, mais de mettre à l’honneur. Les meilleurs vignerons sont récompensés, puis couronnés.
En 1797, cette cérémonie prend une ampleur nouvelle. Une estrade est dressée sur la vaste place du Marché de Vevey pour accueillir un public toujours plus nombreux. La Fête des Vignerons est née : une célébration où le travail de la vigne devient spectacle, mémoire et partage. Une fête qui réunit gens des villes et gens des vignes et des campagnes.
Aujourd’hui encore, la Confrérie rassemble plus d’un millier de membres. Leur engagement ne repose plus sur la propriété des vignes, mais sur un attachement commun à un patrimoine vivant, qu’il soit viticole ou lié à la Fête des Vignerons.
Depuis 2008, les femmes y sont pleinement intégrées. Tous les deux ans, les membres se réunissent lors de la Biennale (assemblée générale), perpétuant une tradition de rencontre, de transmission et de décision collective. Des valeurs communes, un héritage transmis, patiemment, de génération en génération, les unissent et les portent d’une Fête à l’autre.