La symbolique chrétienne
«En moi naquit l’idée d’une célébration. Si elle est réussie, ce sera une chose forte… et attendue. Mais une grande célébration. A l’antique. Ou dans l’esprit du Moyen Age. Sacraliser la Fête, lui donner une sorte de grandeur, de dignité, y introduire les symboles christiques de la vigne et du vin! » H. Debluë, Fête des Vignerons 1977, UBS
La quatrième Fête du XXe siècle se distingue par un retour aux sources. Ni danseuses étoiles, ni solistes professionnels parmi les quatre mille figurants. Henri Debluë, le librettiste, retourne à l’ordre des saisons du XIXe siècle, commençant la célébration avec le Printemps et concluant sur le Renouveau, soit le Printemps éternel.
Le cycle de la vigne exprime le retour des saisons, le cycle du vin le rompt. Le jus de la vigne descend dans le tombeau des caves et ressort transfiguré dans le vin; le vin nouveau qui symbolise Pâques.
«Dans la fête d’un peuple qui a une immense tradition biblique, et dont la vigne a été plantée par des moines, il me semblait curieux que cette symbolique-là ne soit pas apparue. » H. Debluë, supplément illustré de l’ «Est Vaudois», 30 juillet 1977
Au début de chaque saison, les auteurs choisissent de célébrer l’un des quatre éléments originels : la Terre, le Feu, l’Eau et l’Air. Au Moyen Age, ces éléments étaient symbolisés par quatre constellations du Zodiaque: le Taureau, le Lion, l’Aigle et le Verseau. Devenues les symboles des saisons elles-mêmes, ces figures sont aussi les symboles des quatre Evangélistes, les quatre sarments du cep biblique.
Henri Debluë introduit ces symboles dans son livret et veut qu’un roi, le Roi de la Fête, incarné par Jean-Samuel Leresche, évoque ces significations pour introduire chaque saison.
A Palès, Cérès et Bacchus, les auteurs ajoutent une divinité hivernale, Janus, la personnification de l’année nouvelle:
«[…] l’hiver est la saison de l’attente; mais il contient les premières promesses: le solstice de décembre est la porte de l’année nouvelle. » H. Debluë, Conception générale, service de presse
Janus est aussi le dieu masqué. Les auteurs renouent ainsi avec la tradition des masques si vive en Suisse alémanique et la plupart du temps liée à l’an nouveau
«Les estrades font cette année face aux montagnes de Savoie et descendent comme un coteau de vigne vers le lac».
15 776 places
«On pourrait, ai-je pensé, revenir à l’ancienne distribution: printemps, été, automne, hiver. Deux cycles, celui de la vigne, glorifiée par la Bacchanale, puis celui du vin nouveau, qui symbolise Pâques». (H. Debluë, Fête des Vignerons, 1977, UBS)
La mise en scène s’inspire d’une grande horloge solaire avec les signes du zodiaque et les quaternités: les 4 saisons, les 4 éléments, les 4 points cardinaux – Roi de la Fête
Printemps: constellation du Taureau, symbole des fécondations et de Luc l’Evangéliste, femmes-fleurs, enfants-pissenlits
Eté: constellation du Lion, symbole des maturations et de Marc, enfants-épis, barque des pêcheurs, ronde des machines agricoles, aux maladies de la vigne s’ajoutent les menaces chimiques
Automne: constellation de l’Aigle, symbole des sacrifices féconds et de Jean, enfants-grappes, grappe géante, Pan
Hiver et renouveau: constellation du Verseau, symbole de mort et de renaissance, de Matthieu. Enfants-cristaux, Janus, retour de Noé avec les vignerons du Monde
Film 1977 : Confrérie des Vignerons, RTS Radio Télévision Suisse
Douze Fêtes des Vignerons se sont succédé sur la place du Marché de Vevey.